Notes sur les hybrides de Lithops et la terminologie
Steven Hammer (1998)

Lithops xSunstone

Lithops ×Sunstone (Sph. Inst.)

 

 Lithops ×Talisman et ×Sunstone sont aujourd'hui deux hybrides plutôt répandus dans les collections, mais dont on ne sait que peu de choses. Ils proviennent de chez Nick Rowlette, le lithopsologue de l’Oregon, qui réalisa, il y a une dizaine d’années, un certain nombre de croisements de ce genre. S’il décrivit une partie de ces travaux dans sa brochure sur Lithops, il ne révéla jamais la parenté de ces deux hybrides. Et puisqu’il a désormais quitté la partie, nous en sommes réduits à des spéculations.

 La seule chose qui est sûre, c’est que ×Talisman a impliqué L. pseudotruncatella, et ×Sunstone, L. karasmontana. Je me laisserais seulement aller à penser que ×Talisman a également du sang de gracilidelineata en lui, mais cela peut être tout aussi bien un triple hybride, peut-être pseudotruncatella × gesinae × gracilidelineata. ×Sunstone, quant à lui, ressemble à un croisement L. karasmontana (du type rouge, façon lateritia) × bella. Je possède quelques plants de seconde génération qui suggèrent ces enchevêtrements-là, mais ces petites choses végétales sont en train de passablement se ternir.

 Quoi qu’il en soit, cela fait une vingtaine d’années que je vois des hybrides similaires, venant de sélectionneurs japonais ou anglais, et mon jugement est invariable, y compris face à mes propres croisements : je n’ai jamais vu un hybride de Lithops qui représente, d’une manière ou d’une autre, une amélioration de ses parents. Il existe quantité d’hybrides remarquables de mésembs mais, à mes yeux, les croisements de Lithops ne figurent pas, et de loin, parmi eux.

L-dorothea_Zorro

Lithops dorotheae 'Zorro' (travail sur des plants hérités d'Ed Storms)

 Les cultivars sont un autre problème ; j’y vois en revanche un énorme potentiel de beauté inédite, à travailler chez chaque espèce. Quant à savoir s’il faut appeler cultivars, comme cela a pu être fait dans certaines publications, les formes de Lithops, telle que la « Kuruman form » de L. aucampiae, je ne le pense pas. Ce ne sont pas des « variétés » cultivées mais simplement des échantillons, des extraits, des symboles.

 Ce sont assurément des « formes » en ce sens que L. aucampiae adopte souvent cette forme particulière – de grandes fenêtres brunissantes – autour de Kuruman. Bien entendu, si quelqu'un prenait les deux meilleurs plants à fenêtre chocolat de Kuruman, les croisait pendant dix ans, jusqu’à la F2 et la F3, et finissait par obtenir des plantes à grandes fenêtres uniformément chocolat, on pourrait alors considérer ce résultat comme un cultivar, une stabilisation artificielle. Le paradoxe est que cela n’empêcherait pas de trouver ensuite à l’état naturel, un rival, au phénotype parfait, à ce cultivar, et pas simplement autour de Kuruman. Dans la région de Griekwastad, on peut même trouver des populations de plantes kurumanéennes, dont les touches opaques et la texture de brique rappellent var. koelemanii, mais c’est une autre histoire.

 D’une certaine manière, bien sûr, toutes les populations de lithops cultivées sont des cultivars, depuis longtemps raffinées et largement réduites à leur capacité à vivre en maison de verre, mais on s’éloignerait là de la définition reconnue. Voici celle d’un profane, trouvée dans mon dictionnaire : « variété d’espèce végétale née et développée (notez le sens progressif !) en culture ».

 

Traduction (et légère adaptation) de Steven Hammer,
« Letters from Keith Green and A Note on Lithops hybrids and terminologies »,
Mesemb Study Group Bulletin
vol. 13, n°1, 1998.
© Mickaël Legrand 2011, pour la traduction française.
Illustration spécialement composée avec l’aimable concours d’Andrew Young.

 

Notes sur les hybrides de Lithops et la terminologie

Steven Hammer

 

Lithops xSunstone

Lithops ×Sunstone (Sph. Inst.)

 

······· Lithops ×Talisman et ×Sunstone sont aujourd'hui deux hybrides plutôt répandus dans les collections, mais dont on ne sait que peu de choses. Ils proviennent de chez Nick Rowlette, le lithopsologue de l’Oregon, qui réalisa, il y a une dizaine d’années, un certain nombre de croisements de ce genre. S’il décrivit une partie de ces travaux dans sa brochure sur Lithops, il ne révéla jamais la parenté de ces deux hybrides. Et puisqu’il a désormais quitté la partie, nous en sommes réduits à des spéculations.

··· La seule chose qui est sûre, c’est que ×Talisman a impliqué L.·pseudotruncatella, et ×Sunstone, L.·karasmontana. Je me laisserais seulement aller à penser que ×Talisman a également du sang de gracilidelineata en lui, mais cela peut être tout aussi bien un triple hybride, peut-être pseudotruncatella × gesinae × gracilidelineata. ×Sunstone, quant à lui, ressemble à un croisement L.·karasmontana (du type rouge, façon lateritia) × bella. Je possède quelques plants de seconde génération qui suggèrent ces enchevêtrements-là, mais ces petites choses végétales sont en train de passablement se ternir.

··· Quoi qu’il en soit, cela fait une vingtaine d’années que je vois des hybrides similaires, venant de sélectionneurs japonais ou anglais, et mon jugement est invariable, y compris face à mes propres croisements·: je n’ai jamais vu un hybride de Lithops qui représente, d’une manière ou d’une autre, une amélioration de ses parents. Il existe quantité d’hybrides remarquables de mésembs mais, à mes yeux, les croisements de Lithops ne figurent pas, et de loin, parmi eux.

···

L-dorothea_Zorro

Lithops dorotheae 'Zorro' (travail sur des plants hérités d'Ed Storms)

 

··· Les cultivars sont un autre problème·; j’y vois en revanche un énorme potentiel de beauté inédite, à travailler chez chaque espèce. Quant à savoir s’il faut appeler cultivars, comme cela a pu être fait dans certaines publications, les formes de Lithops, telle que la «·Kuruman form·» de L.·aucampiae, je ne le pense pas. Ce ne sont pas des «·variétés·» cultivées mais simplement des échantillons, des extraits, des symboles.

··· Ce sont assurément des «·formes·» en ce sens que L.·aucampiae adopte souvent cette forme particulière – de grandes fenêtres brunissantes – autour de Kuruman. Bien entendu, si quelqu'un prenait les deux meilleurs plants à fenêtre chocolat de Kuruman, les croisait pendant dix ans, jusqu’à la F2 et la F3, et finissait par obtenir des plantes à grandes fenêtres uniformément chocolat, on pourrait alors considérer ce résultat comme un cultivar, une stabilisation artificielle. Le paradoxe est que cela n’empêcherait pas de trouver ensuite à l’état naturel, un rival, au phénotype parfait, à ce cultivar, et pas simplement autour de Kuruman. Dans la région de Griekwastad, on peut même trouver des populations de plantes kurumanéennes, dont les touches opaques et la texture de brique rappellent var.·koelemanii, mais c’est une autre histoire.

··· D’une certaine manière, bien sûr, toutes les populations de lithops cultivées sont des cultivars, depuis longtemps raffinées et largement réduites à leur capacité à vivre en maison de verre, mais on s’éloignerait là de la définition reconnue. Voici celle d’un profane, trouvée dans mon dictionnaire·: «·variété d’espèce végétale née et développée (notez le sens progressif·!) en culture·».

 

Traduction (et légère adaptation) de Steven Hammer,

«·Letters from Keith Green and A Note on Lithops hybrids and terminologies·»,

Mesemb Study Group Bulletin vol.·13, n°1, 1998.

© Mickaël Legrand 2011, pour la traduction française.

Illustration spécialement composée avec l’aimable concours d’Andrew Young.

 

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