Indiana Jones ? Une bluette de cinéma !

Tout comme le soulignera le Président du prestigieux Club des Explorateurs (une de ces Heiko sur pont de lianeinstitutions dont les Américains ont le secret) lors de l'intronisation de H. Bleher comme membre d'honneur début 2010, l'homme qui afficherait au compteur plus d'expéditions que lui ne s'est toujours pas présenté dans cette société depuis sa création en 1904.

 Dans notre siècle où tout semblait avoir été découvert, dépouillé de tout mystère, ses périples ont un parfum des exploits botaniques des mythiques chasseurs d'orchidées du XIXème siècle, mais en plus fort, en plus fou.

 Il s'est fait comme spécialité l'exploration des sites d'eau douce jamais étudiés sur le plan des espèces aquatiques : sites isolés, interdits ou simplement inconnus, absents de toute cartographie, comme dans les confins des forêts tropicales d'Amazonie et de Nouvelle-Guinée.

 D'ailleurs, comme tout bon aventurier (super-héros ?), il se sera doté à la fin des années 80 d'un véhicule à la dimension des prouesses à accomplir : un MercedesUnimog, fait sur mesure et d'après ses propres plans. Un engin hors normes, équipé pour la collecte des poissons et baptisé... Heikomobile. Destinée à avaler tout obstacle ou presque, cette mécanique lui aura permis d'emprunter des voies peu conseillables pour le  commun des mortels (voire d'en sauver fortuitement quelques uns, notamment sur une piste africaine de sinistre réputation, qui moins bien équipés, auraient été voués à une mort certaine comme tant d'autres avant eux).

Heikomobile

 C'est à se demander ce qui pourrait lui faire vraiment peur ? Maladies et tempêtes tropicales, guerres tribales, poissons électriques géants et autres créatures redoutables défilent sans avoir raison de lui. Il faut le voir, tout absorbé à collecter ses poissons, jambes nues dans le premier plan d'eau repéré – perdu au milieu de la jungle et où beaucoup auraient refusé de tremper un seul orteil. Très objectivement, même en ne connaissant qu'une infime partie de ses aventures... Comment est-il encore vivant aujourd'hui ?!

 Peut-être qu'en fait la plus grande menace n'est pas représentée par bêtes et plantes hostiles mais bien par les hommes. Pas par les tribus anthropophages de films d'aventures : Heiko a toujours été bien accueilli par les populations locales ; non, par les pouvoirs et les militaires sans foi ni loi qui ont toujours vu d'un mauvais œil l'arrivée d'un tel électron libre, impossible à croire quand il prétend chercher seulement quelques beautés à nageoires. Ces différentes confrontations avec la Bêtise humaine ont probablement culminé à ce jour avec l'effarant cauchemar vécu au Brésil en septembre 2008. Appréhendé par la Policia Federal, il s'est vu arrêté pour un imaginaire « trafic génétique » de poissons (alors même qu'il travaillait pour le Ministère du Tourisme de l'État d'Amazonas !). Pour quelques spécimens préservés et seulement prélevés à des fins scientifiques, d'espèces à identifier mais en aucun cas protégées ni même endémiques, il fut incarcéré dans les pires geôles locales et traité pendant plusieurs jours comme un criminel, livré aux caprices barbares d'une police qui tient davantage de la milice armée livrée à elle-même. Peut-être cette fois-là, Heiko faillit vraiment quitter cette scène aquatique dont il est l'un des acteurs majeurs...

Heiko au Mamberamo