Le poisson-salamandre

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Lepidogalaxias salamandroides possède un nom scientifique qui semble tout droit venu des étoiles. Cela n'est pas sans s'accorder avec son allure et ses aptitudes extraordinaires, partagées par aucun autre poisson connu sur Terre : une colonne vertébrale extrêmement souple, prolongée par un véritable cou mobile, qui accentuent sa ressemblance avec la salamandre dont elle a tiré son nom.
Des talents de contorsionniste qui passeraient facilement inaperçus compte tenu de sa taille miniature (autour des 2 cm). L'une de leurs utilités les plus évidentes pour l'animal est de lui permettre de s'enfouir dans le fond sableux lorsque vient la saison sèche.

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En effet, ce poisson possède également la faculté de s'être adapté à la (sur)vie en mares saisonnières de son habitat extrême du sud-ouest australien. Mais ce n'est pas sous la forme de pontes comme les killies : ce sont les individus eux-mêmes qui disparaissent dans le sable et y survivent (on ne sait encore trop comment) en attendant le retour des pluies. Lorsque celles-ci refont monter le niveau des mares d'une eau noire, très douce et très acide, les poissons se « réveillent » et recolonisent la nappe d'eau.
Il va sans dire que la maintenance d'un tel poisson en aquarium passera par la reconstitution d'un biotope extrêmement fidèle (« authentique » comme dirait Bleher). Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir dans la compréhension de celui-ci.

Comme me l'a précisé Heiko, le poisson-salamandre s'est avéré très difficile à élever en aquarium. Tout ce qui est encore ignoré sur sa dormance, en particulier sa durée nécessaire, représente un premier obstacle. Son alimentation pose aussi problème et il semble ne pas accepter d'être trop longtemps privé de sa nourriture naturelle (laquelle ?). Heiko en avait ramené quelques individus qui acceptèrent facilement les artémias (vivants, exclusivement), mais à terme ils durent développer une carence car ils finirent par mourir au bout de quelques mois.

Pour en savoir davantage et voir plus de photos, je vous renvoie au site de Heiko Bleher : ici pour le reportage sur la collecte et  pour le poisson-salamandre proprement dit.

© Mickaël Legrand 2013 pour le texte
(publié à l'origine sur le forum d'Aquaportail)  

© Heiko Bleher pour les photos (poisson collecté par ses soins)